Ne me demandez pas pourquoi je reprends mon clavier aujourd’hui.
Surement parce que je sens qu’un chapitre se termine et comme tous les chapitres de ma vie, je veux garder une trace de ça sur mon blog.
Blog que je n’entretiens pas autant que je le voudrais mais blog que je chéris parce qu’il m’accompagne depuis maintenant plus de 10 ans.
Alors aujourd’hui, je reprends mon clavier et viens à nouveau vous parler de mon état d’esprit.
Demain, c’est la rentrée des classes pour mon grand et le retour chez la nounou de mon dernier.
Rien ne change fondamentalement. Même structure, mêmes personnes, même routine. Pas de nouveaux grands enjeux non plus.
Mais en fait, c’est pour moi que les choses changent.
A partir de lundi, j’augmente mon temps de travail à 70%.
Je ne sais même pas pourquoi ça me perturbe à ce point. Je ne reprends pas à 100%, mon boulot est super flexible, mon assistante maternelle aussi.
Mais la vérité, c’est que cela marque la fin d’un chapitre voir d’un cycle.
Augmenter mon temps de travail me rappelle que mon bébé n’en est plus un. Il vient d’avoir deux ans et l’an prochain c’est lui qui rentrera à l’école.
Mon bébé n’en est plus un et je n’en aurais (très) certainement plus jamais.
Je laisse toujours une faible place au doute même si celui-ci est aussi fin qu’un papier calque.
Et cette idée, voyez-vous, me perturbe réellement.
Depuis toute petite, le but de ma vie n°1 est d’avoir un bébé. Et j’en ai eu deux.
Je dis bien un bébé et non pas un enfant.
Je me suis toujours visualisée avec des bébés mais passer quelques temps, plus rien.
Et pourtant, je le sais fondamentalement que les bébés grandissent et deviennent des enfants.
Rassurez vous, j’ai saisi le concept.
Mais non, moi je me voyais avec des bébés et ça s’arrêtait là.
Quand mon premier bébé est devenu un enfant, j’attendais déjà son petit frère.
J’ai accouché de Babychou trois semaines avant l’entrée à l’école de Miniboy.
Je n’ai pas eu à réfléchir, j’avais toujours un bébé.
Mais maintenant que je n’en ai plus (des tout petits bébés), maintenant que je me suis noyée dans la maternité, que je me suis dédiée corps et âme (littéralement) à la toute petite enfance et que ce n’est plus d’actualité car mes enfants grandissent et sont de plus en plus autonomes … je fais quoi maintenant ?
Oscar Wilde disait : « Dans ce monde, il n’y a que deux tragédies. La première est de ne pas avoir ce que l’on veut et la seconde est de l’obtenir. » Je n’avais jamais compris cette phrase jusqu’à aujourd’hui.
Parce qu’en fait, maintenant que j’ai obtenu ce qui me guidait depuis toujours… je fais quoi ?
Alors je sais, « de quoi elle se plaint celle là ? » me direz vous ?
Dans le fond, bah oui de quoi je me plains ?
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis très reconnaissante d’avoir mes enfants, qu’ils soient en pleine santé et nous aussi et qu’on vive notre jolie vie de famille ensemble. Vraiment j’en ai conscience.
Mais là n’est pas le sujet.
Au fond, je me plains de ne plus savoir qui je suis, ayant fondé toute mon identité ces cinq dernières années sur le fait d’être mère de petits bébés et d’avoir oublié tout le reste.
Je ne sais plus qui je suis en tant que femme, en tant qu’épouse, en tant qu’amie… Mais surtout, je ne sais plus qui je suis en tant que moi.
Et cela me laisse face à un vide intersidéral.
Et surtout un beau chantier.
Peut être que je réfléchis trop ? Mais j’estime que la vie est trop longue (ou trop courte) pour ne pas savoir qui on est et ne pas se poser la question.
Alors oui, finalement je n’augmente qu’un peu mon temps de travail.
La rentrée ne marque pas vraiment de changements majeurs pour la vie de notre famille.
Mais cela marque la fin d’un chapitre profond de ma vie.
D’un chapitre que j’ai chéri, adoré, idéalisé, parfois redouté.
D’un chapitre que je payerais très cher pour revivre tellement je m’y sentais à ma place.
J’ai adoré être la mère de mes bébés mais j’ai un peu peur d’être la mère de mes enfants.
Parce que cela ne me parait très différent et que je ne m’y suis jamais projeté.
J’ai peur de ne pas arriver à jongler entre toutes les parties de moi qui veulent cohabiter ensemble.
J’ai peur de faire un autre burn-out.
J’ai peur de regretter. De me tromper.
Mais je crois aussi qu’il est venu pour moi le temps de me choisir.
D’être mère certes mais sans m’épuiser pour la cause comme j’ai pu le faire depuis cinq ans.
Sans sacrifier mon corps, mes nuits, ma santé mentale.
Quelque part, on sort « du dur » comme me disait une amie.
Et il ne me reste plus qu’à tout réinventer.
Je vous laisse sur cette pensée optimiste. Parce que même si l’inconnu fait peur, je trouve ça terriblement rassurant de se dire qu’un nouveau chapitre s’ouvre et que je compte bien le faire fleurir comme ceux d’avant.
Ecrire ces mots me fait du bien. Comme si ça rangeait le bazar qu’il y a dans ma tête.
Je vous souhaite une belle rentrée à tous :)
Prenez soin de vous,
Océane.
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