Diplômée…10 mois après. 


Bonjour !

Au début, je comptais faire un article sur mon expérience après 6 mois de diplôme. Mais le temps passe tellement vite, c’est hallucinant !

Le temps. Jamais auparavant, il n’avait eu une place aussi importante dans ma vie.
Le temps de travailler, de parler, de programmer. Lui courir après, le rattraper et le prendre pour mieux le perdre ensuite.
La temporalité fait partie intégrante de mon métier. J’organise ma vie autour des horaires décalés, des nuits, des changements de rythme. Je ne pensais pas que ce serait si intense.

Ce métier c’est savoir prendre le temps mais parfois s’oublier derrière. Peut-être le plus dur au début. L’exigence de vouloir tout faire au mieux.
On s’y perd, on doute. Puis l’expérience venant, on fait mieux, plus vite, plus efficace. On discute en faisant un pansement, on n’est plus totalement absorbés par les soins qu’on fini par maîtriser.

On m’avait dit « Tu verras le premier mois est le plus dur ! ».
En effet, ce fut horrible. Finir avec une heure de retard, se poser mille et une questions qui nous donnent l’impression de ne pas avancer, ne pas savoir répondre à une collègue pendant les transmissions….et tellement de détails ! Avoir l’impression de se noyer, de ne pas arriver à sortir la tête de l’eau.
Mais le temps (encore lui) fait son oeuvre. Les choses prennent petit à petit leur place dans nos esprits, les gestes se font plus assurés, les réflexes s’installent. On commence à analyser, à critiquer parfois. On s’interroge, on réagit. Petit à petit, on sort la tête puis le cou et on reprend pied. Il faut accepter que cela prenne de l’énergie. Il faut être patient.
La technique devient moins sombre. On démystifie les actes que l’on ne parvenait pas à réaliser. De toutes façons, on n’a pas le choix, il faut faire. Alors la pose de cathéters, les prises de sang, les transfusions ou la pose d’une aiguille de Hubert dans une chambre implantable, toutes ces choses qui m’effrayaient et m’angoissaient, aujourd’hui ne me font plus peur. Parce que j’ai appris et j’ai pratiqué.

Et le relationnel dans tout ça ? Ici on progresse aussi. J’ai appris à soulager, à rassurer, à faire face aux questions, aux familles. Je ris aussi, beaucoup. Je pleure, parfois. J’ai appris à dire stop et à rester calme quand la situation se complique.  Avancer, reculer. Bref, je fais face aux mystères de l’être humain dans ce qu’il a de plus fragile, de plus basique, de plus instinctif. J’accompagne la mort, la maladie. J’encourage les bonnes nouvelles, je soutiens les mauvaises.
Pour cela, je me suis « blindée ». Obligatoire ? Peut être. Pour simplement accepter que la mort fait partie de la vie, que la maladie la plus injuste peut arriver aux  meilleurs d’entre nous. Mais dans la juste mesure. Pour garder l’empathie qui fait partie intégrante de ce métier. Car, à trop se blinder, on peut en perdre notre humanité.

J’ai appris à compter sur mon compagnon, ma famille, mes amis, mes collègues. Parfois, je raconte à ceux qui acceptent d’écouter. Parfois je ne dis rien et je me faufile dans des bras protecteurs pour juste pouvoir oublier. Je tente de ne pas construire ma vie autour de ce que je vois au travail et de faire des projets. Je fais du sport, je voyage. J’ai tendance à dire qu’une vie personnelle saine et équilibrée m’aide beaucoup.

On apprend à travailler ensemble. Seule, dans ce métier, je ne serais rien. Les collègues, les médecins, les patients, les familles. Une seule grosse équipe !
Entre collègues, on rit, on s’engueule, on râle et on s’entraide. J’ai mis du temps a trouver ma place.  Passer du statut d’étudiante au statut de pro. Pas que les filles ne m’avaient pas déjà acceptées comme une des leurs. Plutôt le fait de ne pas me sentir légitime. Mais cette équipe, c’est de l’or en barre. On a tous nos propres caractères, souvent très forts. Comment faire autrement ? Alors on se bat, ensemble. On travaille, on se soutient, on s’entraide et même parfois on sort !

On m’avait aussi dit « Au bout de six mois, tu t’éclateras vraiment ». En effet, je m’éclate dans mon boulot.
J’ai le respect de mes pairs, de mes supérieurs. Je me sens enfin légitime dans mon rôle. Mes patients me font confiance, me remercient. Ce n’est pas toujours facile, ce n’est jamais ennuyant, c’est de l’adrénaline pure, c’est un choix, et au bout de dix mois, je peux affirmer que c’est réellement ma vocation !

A l’heure d’aujourd’hui, je n’ai aucun regret et je sais que j’ai trouvé ma place. Au moins pour le moment. Je ne sais pas de quoi demain sera fait mais je suis certaine que l’avenir s’annonce radieux !

A bientôt =)

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1 commentaire

  1. Je suis d’accord… Il faut 6 mois et après c’est le bonheur ❤️

    Aimé par 1 personne

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