GR221, le Sentier des Pierres Sèches – Majorque, Baléares. (2/2)


Hello,

On se retrouve pour la suite de mon article sur notre trek à Majorque. Si vous n’avez pas lu le premier, vous pouvez le retrouver ici, je vous parlais des deux premières étapes.
Aujourd’hui, je reviens pour vous parler des deux dernières, certainement les deux plus dures mais aussi les deux plus belles !

Troisième étape : Soller – Tossals Verds, 18.5 km, 5h03, 1000m de dénivelé +, 800m de dénivelé-
Au petit matin, nous reprenons la route. Cette étape s’annonce comme la plus dure du trek. Je ne pars pas du tout confiante. Mais pour la première fois du voyage, le ciel est d’un bleu limpide, pas un seul nuage à l’horizon et cela me rassure. Le soleil brille de milles feux ! Une belle journée en perspective.
Nous traversons Soller et et ses ruelles pour finir par quitter totalement la ville et nous retrouver en pleine nature. Le chemin est balisé mais surtout il est totalement aménagé. Un chemin de pierre, bordé d’un petit muret de chaque côté. Un travail de titan pour ceux qui l’ont réalisé. Et ce, sur quasiment la totalité des milles mètres de dénivelé. Impressionnant !
Le chemin est magnifique. Plus nous montons dans la montagne, plus Soller et la mer s’éloignent. Nous progressons entre deux montagnes majestueuses, le paysage est à couper le souffle. Malgré le dénivelé, je suis tellement heureuse d’avancer dans ces conditions. Il fait beau mais pas trop chaud, j’ai l’impression d’être dans un film. Nous croisons quelques marcheurs, faisons des pauses photos régulièrement.
A l’heure d’aujourd’hui, je ne me souviens pas de l’effort, juste de la beauté du lieu.

Entre les deux montagnes, notre point de départ, Soller !

Puis nous arrivons à un croisement, les autres se motivent pour rajouter des kilomètres et aller voir un mirador. Moi, même si j’ai mieux vécu le dénivelé, je préfère rester au croisement à surveiller les sacs. Et pendant qu’ils marchent, je lézarde au soleil.
A leur retour, nous reprenons la route, il nous reste peu de distance avant d’atteindre le sommet et le lac du Barrage de Cuber.
Après les derniers kms de montée, nous atteignons enfin le sommet, le coll de l’Ofre !
Malgré le vent et les nuages à cette altitude, nous décidons de faire une pause pour déjeuner. Nous avions prévu notre pique-nique dans nos sacs, cela fait du bien de vider le sac et de remplir les estomacs.
Cette pause bienvenue est aussi l’occasion de quelques photos. C’est tellement beau !

On a monté tout ça quand même hein, on partait du niveau de la mer 😉
Le lac en fond…
Tentative de photos pour les faire-parts 😉 #spoiler

Après cette pause venteuse, nous reprenons la route direction le lac.
En route, nous croisons toujours autant d’animaux notamment des ânes très amicaux. Le chemin est en pente douce et après toute cette montée, on a presque l’impression de faire une ballade de santé. Mais toujours avec notre gros sac sur les épaules bien sûr. Plus nous descendons, plus le temps se réchauffe et devient agréable.
Arrivés au lac, nous nous accordons une autre pause détente, Anne-Laure se motive pour une baignade. Pour moi, ce sera juste les pieds dans l’eau. Elle est glaciale !

Observatoire du Puig Major, le sommet le plus élevé de l’île.

Mais après une vingtaine de minutes, nous nous souvenons qu’il nous reste encore quelques kilomètres avant d’atteindre le refuge et notamment pas mal de dénivelé négatif avant de finir par 300 nouveaux mètres de dénivelé positif. Une « Bastille » qu’ils me disent. (Grenoblois, toi même tu sais). Mais dans l’état de fatigue où je suis à ce moment là, j’ai du mal à croire que j’en serais capable.
N’empêche qu’il faut y aller. La descente est une vraie torture pour les articulations. Adieu, le chemin aménagé… Bonjour, les cailloux qui roulent, la poussière et le chemin qui s’écroule. Moi qui préfère la descente, celle ci je l’ai vraiment détestée.
(J’apprendrais par la suite, une fois au refuge, qu’il y avait un chemin beaucoup plus simple pour rejoindre notre logement mais que non, nous avions pris le pire!).
Pour autant, le paysage était très sympa.
La dernière montée est insupportable pour nous tous, alors quel soulagement d’arriver au refuge !

Profil d’altitude de notre randonnée du jour….
Le refuge trop mignon de Tossals Verds.

Le refuge de Tossals Verds est un endroit très calme, très sympa et très bien tenu. Notre seule déception fut d’avoir été séparés les uns des autres. En effet, comme nous avions réservé chacun de notre côté, le responsable du refuge nous a installé dans des dortoirs différents. Mais en soi, ce n’était pas bien grave !
Le repas proposé est copieux, équilibré et très très agréable après cette journée épuisante (une option végétarienne est possible lorsque vous réservez sur le site). Nous avions aussi choisi l’option pique nique pour le lendemain. Je vous conseille cet endroit si vous passez par là… en fait, vous n’aurez pas le choix, il n’y a absolument rien a des kilomètres à la ronde 😉
De nouveau ce soir là, extinction des feux à 22h, la journée fut longue et celle de demain s’annonce tout aussi fatiguante !

Dernière étape : Tossals Verds – Monastère de Lluc, 14kms, 4h09, 800m de dénivelé +, 800m de dénivelé -.
A 6h45, le réveil sonne, il est l’heure de se lever, de déjeuner et de reprendre la route pour ce dernier jour de marche. Tout le refuge se réveille en même temps et le silence cède la place à l’excitation des randonneurs. Nous fermons notre sac, récupérons nos pique-niques et remettons une fois encore notre sac sur nos épaules. Les miennes sont très endolories mais le poids de mon sac ne me gène quasiment plus.
Le chemin reprend, le dénivelé aussi. Nous grimperons moins qu’hier en terme d’altitude mais plus longtemps. Sur ce dénivelé, une douleur à la hanche gauche m’accompagnera tout du long, me coupant le souffle par moments, me forçant à marcher en boitant à d’autres. Mais aujourd’hui, je suis fière de me dire que j’ai tenu bon.
Le paysage est toujours fou, plus nous montons dans la montagne, plus la végétation change. Le beau temps n’est pas encore au rendez-vous, c’est un ballet interminable de nuages poussés par le vent et de rayons de soleil qui illuminent la montagne. Malgré la douleur et la fatigue, je réalise la chance que j’ai de marcher dans ce lieu.
Après quelques temps de marche, nous atteignons enfin le sommet. Il fait très froid mais qu’est ce que c’est beau ! Nous faisons une pause amandes grillées, quelques photos et c’est reparti.
Nous marchons à un bon pas. Nous avons un bus à prendre au monastère pour nous amener à Pollença. Il n’y en a qu’un, nous ne pouvons pas le rater. Mais l’entrainement des derniers jours nous aide et l’idée de l’arrivée aussi.
Une première descente avec vue sur la mer, puis une dernière montée. La dernière mais la pire pour moi, la douleur est intolérable, l’épuisement n’aidant pas. Mais je tiens bon, garde mon sac sur le dos. Sur les derniers mètres, je cède l’appareil photo à Alex pour m’alléger. Je me concentre sur mes pas, l’un après l’autre. Enfin, la fin de la montée et un paysage de carte postale. En contre-bas, on aperçoit le monastère. Notre but ultime ce jour là.
Nous décidons de nous poser là pour déjeuner. Les deux sandwichs du refuge frôle la perfection pour mon estomac affamé.
Trente minutes de pause et nous voila réparti. Le bus n’attendra pas. La descente est plus facile, ma hanche se fait oublier, je savoure ces derniers moments. Sur les deux derniers kilomètres, nous ne faisons que descendre pour enfin arriver au monastère avec presque une heure et demi d’avance sur notre horaire de bus.
L’occasion de poser les sacs, de visiter le monastère, de prendre un goûter en terrasse et de savourer le fait que oui, nous l’avons fait !

Le profil d’altitude de l’étape 4.
Le refuge de Tossals Verds perdu dans les montagnes
Arrivée au sommet
Au loin la mer et le ciel se confondent
Et nous amorçons la descente…
Le monastère de Lluc est un des points de départ du chemin de Compostelle. Un grand symbole dans ma famille, car mes parents l’ont parcouru de nombreuses fois.

Oui, nous avons réussi ce pari fou de partir 4 jours en trek, de parcourir 56 km et de gravir 2950 m de dénivelé positif, sans aucun entrainement digne de ce nom, en portant notre sac sur notre dos. Ce fut une expérience douloureuse par moments mais tellement gratifiante et joyeuse.
Voyager est la plus belle expérience qui me soit donnée de vivre à l’heure d’aujourd’hui. Le faire avec mes amis et mon chéri, profiter de ces paysages et arriver à me dépasser fut certainement l’apothéose de mes voyages et j’espère vraiment que nous ne nous arrêterons pas là !

J’espère que ce très long article vous a plu et que vous aussi vous avez envie de découvrir ces paysages et la sensation grisante d’avoir accompli quelque chose dont vous vous sentiez incapable !
Dites moi tout en commentaires, c’est quoi le truc le plus fou que vous avez fait en pensant ne jamais réussir ?

En attendant, on se retrouve la semaine prochaine pour un article sur Palma de Majorque et Pollença 🙂

A bientôt !


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